Utiliser un appât (ou l'équivalent)
pour faire une grosse prise.
Abusez l'ennemi avec des faux-semblants. Punissez la naïveté juvénile (ou le jeune naïf).*
L'expression est tirée de l'histoire de deux poètes de la dynastie Tang. A cette époque le célèbre poète Zhao Xia était sur le point d'aller visiter Suzhou, la ville des jardins, dans le sud. Le poète Chang Jian l'apprit. Il se douta que Zhao ne manquerait pas de s'arrêter au Temple Ling Yang (Temple de la Pierre Pensante). Il s'y rendit le premier et écrivit deux vers sur un des murs. Lorsque Zhao Xia arriva à son tour et vit les deux vers de Chang, il en écrivit deux autres complétant ainsi le poème. Il est généralement admis que les deux derniers vers étaient de loin supérieurs aux premiers de Chang Jian. Ainsi on dit de Chang qu'il s'est « défait d'une brique pour attirer le jade. De nos jours, l'expression a toujours la faveur de ceux qui veulent paraître modeste. Par exemple, une personne à qui on demande de parler en premier dans une réunion pourra dire, dans le sens de la modestie, qu'elle va « se défaire d'une brique pour attirer le jade ».
Dans un contexte militaire, la brique et le jade font respectivement référence aux feintes et aux véritables manœuvres. Une autre expression populaire parle de « faire passer des yeux de poissons pour des perles ». Tout d'abord, le général offre à l'ennemi un appât, qui peut être un faible détachement de troupes, des chariots de provisions peu gardés, ou quelque troupeau de bœufs ou de chevaux qui semblent sans protection. Appâté par un gain aisé, l'ennemi avancera pour capturer le leurre. Ainsi le général aura gagné l'initiative en manœuvrant l'ennemi comme il l'entendait et la bataille sera déjà à moitié gagnée avant même d'avoir commencé.
Connexion avec la stratégie Onze.
* Texte issu de l'hexagramme n°4 du Yi Jing : Meng (la folie juvénile)... Dans un contexte militaire, pour contrer l'invasion d'une puissance ennemie, on doit se défendre de lancer une attaque à l'intérieur de son territoire. Au contraire, il vaut mieux laisser l'armée adverse s'avancer et alors seulement la défaire sur ton propre terrain.