Absorbe tes pertes pour gagner la confiance ;
inflige-toi une blessure pour susciter des confidences.
Les hommes ne se blessent pas eux-mêmes, la blessure est la preuve du statut de victime. Les activité d'espionnage peuvent être menées à bien lorsque l'ennemi prend pour véritable une fausse blessure.
Le jeune fou se soumet, bonne fortune.*
Pour permettre qu'un agent gagne la confiance de l'ennemi, vous pouvez le punir sévèrement en public, le jeter en prison et le laisser ensuite secrètement s'échapper pour rejoindre le camp adverse. Ainsi cet homme aura les faveurs de l'ennemi et pourra l'amener à sa propre perte de diverses façons allant de la délivrance de faux renseignements à l'assassinat du commandant adverse.
Dans un sens plus large, cette stratégie met en relief la méthode de la duperie par le biais de pertes auto-infligées. Par exemple, dans la primitive dynastie de Zhou (XI - VIII), un des dirigeants avait projeté d'envahir un Etat voisin. Il commença par faire exécuter un de ses ministres qui était un farouche partisan de cette invasion. Il en résulta, de la part de l'Etat en question, une perte de vigilance. Alors seulement, le dirigeant Zhou lança son attaque-surprise et détruisit en un seul combat son voisin.
Dans certaines circonstances, vous envoyez d'abord un officiel de haut rang (ou mieux, un noble de votre famille) pour négocier avec l'ennemi, le faisant ainsi se sentir en confiance. Alors seulement, vous lancez l'attaque éclair pour obtenir une victoire majeure (au prix du sacrifice de l'émissaire).
* Texte de l'hexagramme n°4 du Yi Jing : Meng (la folie juvénile)... Ainsi un chef jeune et inexpérimenté qui négocie avec les autres d'une façon ingénue et modeste recevra en retour un vaste appui et de la sorte réalisera une « bonne fortune ». Cette stratégie désigne aussi un général rendu crédule par son jugement simpliste ou naïf.